"Siren Song", d'après Boris Vallejo

Graver en bas-relief une reproduction de tableau pour le peindre en reproduisant scrupuleusement le même tableau est une démarche qui peut paraître un peu étrange…
On tourne en rond… Quand le tableau n’est pas trop connu, ça peut passer ; avec la Joconde, il faut oser…
C’est toujours moins délirant, me direz-vous, que de reproduire des tableaux avec différentes couches de carte plastique découpée. Dans ce cas, la comparaison avec l’original est presque gênant. Chacun fait ce qui lui plait ; mais pourquoi vouloir à toute force nous l’imposer dans les expositions où nous venons voir des plats d’étain, qui, comme leur nom devrait l’indiquer assez clairement, ne sont pas en plastique. Ni en résine, ni en bois, ni en rien d’autre...

Et pourtant, en totale contradiction avec ce principe, j’ai peins avec un grand plaisir les « Mucha » des saisons ou des arts… Comme quoi, il ne faut jamais être trop péremptoire.

Cette fois, c’est un magnifique tableau de Boris Vallejo qui m’a fait craquer. « Siren Song » date de 1979.
Boris Vallejo est un illustrateur né au Pérou en 1941 et qui travaille aux États-Unis. Il a fait les belles heures du milieu artistique de l’héroic-fantasy. Vous avez forcément croisé quelques-uns de ses plus beaux tableaux, qu’il peignait le plus souvent à l’huile après des études extrêmement soignées où il assemblait progressivement les éléments de ces tableaux...
Les guerriers y sont particulièrement musclés, les monstres particulièrement hideux et les jeunes femmes particulièrement jolies, galbées … et pas particulièrement habillées.

Paradoxalement, alors qu’on pourrait penser qu’il suffit de recopier, les plats de cette catégorie ne sont pas toujours très réussis. Il est bien rare qu’ils n’alourdissent pas le propos. Cette version de Siren Song, dans le genre, est plutôt bien réalisée. Certes, il y a des points qui auraient pu mieux retranscrire ce qui rend justement ce tableau si troublant (la main de la jeune femme blonde, au cours du langoureux baisers qui s’annonce, enveloppe discrètement ma main de la démone posée au sol…), mais, franchement, l’ensemble est vraiment agréable à peindre. Je présente ici ma version. Deux bonnes raisons (excuses ?) pour ce plat, outre le plaisir indéniable qui j’y ai trouvé : C’est en fait un excellent exercice : j’y ai par exemple testé une manière de forcer les contrastes, surtout sur peau humaine, qui est salutaire dans mon cas. J’y ai aussi testé un enrichissement des teintes qui me servira à l’avenir. Et puis d’abord, c’est en voyant la version de Trévor Morgan à Kulmbach que l’envie m’est venue de peindre ce plat également. En quelque sorte, c’est de sa faute !

Et donc voilà...