Water Fisher
Outils et accessoires

(Auteur : Walter Fisher, traduction : Stéphane Coudert, août 2026).

De quels outils et accessoires avez-vous besoin ?

Si vous peignez des rondes-bosses, vous avez probablement chez vous la plupart des fournitures dont vous avez besoin. L’objet qui doit être l’objet de plus d’attention dans son choix comme dans son entretien est le pinceau. Seule la plus haute qualité est requise pour le genre de travail que nous voulons réaliser. Essayer de gagner quelques cents sur les pinceaux provoquera des heures perdues en vain et de la frustration. Leur taille sera 00 ou 000 (également respectivement notés 2/0 et 3/0). Toutefois, plus important que la taille, il y a la pointe. Elle doit être longue et extrêmement aigue. Quand vous achetez un pinceau, faite le test suivant : enlever le tube de protection en plastique, passez le pinceau doucement sur le dos de votre main, humidifiez-le et regardez si la pointe redevient nette, sans poils qui s’en écartent. Ce test est nécessaire car certains producteurs traitent leurs pinceaux avec une laque, similaire à une laque à cheveux. Ne vous inquiétez pas, si le marchand connaît ses produits, il ne se formalisera pas de cette petite vérification. Même avec un traitement précautionneux, un pinceau ne durera pas éternellement ; la pointe s’émoussera peut-être, mais vous l’utiliserez pour des détails moins fins ou pour les sous-couches avant de finalement le jeter. Vos autres outils doivent être choisis avec le même soin. Pour nettoyer les figurines, vous avez besoin d’un cutter tranchant et pointu et d’une petite lime, de préférence plate d’un côté et légèrement arrondie de l’autre, afin de pouvoir atteindre tous les recoins de la figurine. De plus, vous aurez besoin d’une palette à surface lisse comme du verre ou de la porcelaine, pour y mélanger les peintures. Un carreau ou une assiette feront l’affaire. Pour le diluant, vous avez besoin d’une petite coupe de deux ou trois centimètres cube. Pour bien tenir la figurine pendant la peinture, préparez quelques petites pièces de bois, d’environ 1,25 cm² («  half an inch square ») et dix à treize centimètres de long (« four to five inches long » NdT), et du scotch double-face (NdT : Walter Fisher peint donc ses figurines dressées sur ce support provisoire ; attention au décollage de la pièce !) « Last, but not least », vous n’oublierez pas de disposer quelques feuilles de papier journal sur la table, non seulement pour la protéger, et vous protéger par là-même de tout trouble domestique, mais aussi pour y nettoyer vos pinceaux (NdT : je préfère pour ma part nettoyer mes pinceaux sur de l’essuie-tout blanc, plus absorbant et qui ne risque pas de dégorger encres et couleurs...).

Peintures et diluant
Malheureusement, basé en Europe et écrivant pour des camarades collectionneurs au Royaume-Uni et aux États-Unis, Je ne peux pas recommander de marque d’huile, car je ne sais pas quelles marques sont disponibles dans votre pays (C’était encore avant internet, nostalgie … NdT). Néanmoins, laissez-moi hautement vous recommander ceci : recherchez la plus haute qualité d’huiles que vous pourrez trouver. Les huiles supérieures sont aussi importantes pour la qualité de votre travail que vos pinceaux. Ne craignez pas les prix les plus élevés. Un petit tube de peinture vous durera des années, car vous en utilisez de toutes petites quantités pour une figurine ; et la peinture ne se dégradera pas avec le temps si vous fermez bien vos tubes (On ne peut qu’acquiescer : la peinture de plats d’étain est l’activité artistique la moins chère du monde ! NdT). Les peintures dont vous aurez besoin pour commencer sont : Titian White (en fait, "titanium white". Il s'agit d'un anglicisme hérité d'une confusion avec le nom d'un célèbre portrait du Titien "Portrait of a lady in white". NdT), Ebony Black, Scarlet, Chrome Yellow, Ultramarine ou Cobalt Blue, Prussian Blue, Burnt Sienna, Burnt Umber, Dark Ochre, Flesh Ochre, English Red, Naples Yellow (Fidèle à mon habitude, je ne traduis pas ces termes, car ils sont le plus souvent utilisés tels quels, en anglais, par la plupart des grandes marques. Pour plus d’information, je renvoie à mon article  « La palette de couleurs », NdT). Vous noterez que je ne mentionne pas de vert. Vous pouvez mélanger toutes les teintes de vers à partir du Prussian Blue, Chrome Yellow et différents rouges ou bruns. Pour la sous-couche, vous pouvez utiliser des peintures mattes d’Humbrol, Airfix, etc. Parmi elles, vous avez besoin de blanc, noir, rouge, bleu et brun-chocolat. Vous n’avez pas à vous inquiéter de la teinte exacte, car ces sous-couches colorées ne servent qu’à constituer une couche de base pour les huiles. En guise de diluant, j’utilise un médium à peindre acheté en magasin d’art, que je mélange avec de l’essence de térébenthine dans un ratio d’une part de médium pour deux de térébenthine. Cela donne une douce finition soyeuse, pas trop matte ni trop brillante. Vous pouvez augmenter la brillance en réduisant la part de térébenthine, et vice-versa. La térébenthine pure vous donnera un fini complètement mat. Là encore, vous aurez à trouver vous-même le médium à peindre correct, car celui que j’utilise (« Mussini – Malmittel III ») ne sera probablement pas en vente dans votre pays. Bien sûr, il n’est pas raisonnable de mélanger médium et térébenthine pour chaque session de peinture ; il est préférable d’en préparer une certaine quantité par avance. (NdT : Ce procédé ne me semble plus d’actualité ; de fait, l’essence de térébenthine est un diluant puissant, mais extrêmement odorant, auquel on préfère désormais des diluants sans odeur. En outre, la perspective d’avoir une finition ne fut-ce que semi-brillante est désormais totalement abandonnée : clairement, « the best finishing is a mat finishing » car il permet un parfait contrôle des contrastes).

Préparer la figurine pour la peinture
Après avoir nettoyé la figurine de tous les excédents de moulage avec votre cutter et votre lime, fixez-là sur un de vos supports en bois avec du scotch. Cela vous permet une bonne prise en main et, comme elle est posée sur son côté, vous pouvez peindre la figurine comme vous peindriez sur un support de papier sans que le revers ne touche la table.
A présent, en utilisant vos pinceaux « de seconde classe », appliquez une sous-couche blanche matte sur la figurine. Faites-le en prenant une petite bille du pigment qui a décanté au fond du pot, avec un cure-dent ou l’extrémité du manche de votre pinceau, et posez le sur votre palette. Délayez-là avec votre mixture de diluant et couvez la figurine. Faite attention à ne pas empâter les détails les plus fins. La sous-couche est seulement faite pour éliminer l’éclat du métal et ainsi préparer la figurine pour la peinture à l’huile. Il n’est pas nécessaire que la sous-couche soit une surface blanche resplendissante. Elle doit être appliquée en couche très fine et il n’est pas problématique de voir le métal transparaître.
Une fois bien sèche cette première sous-couche, ce qui prend au minimum deux heures, appliquez une autre couche, cette fois de la bonne couleur. Poser une sous-couche sur toutes les grandes zones (pas les petits détails) qui devront être peinte en rouge, bleu, noir ou brun foncé lors des étapes finales, avec la peinture matte correspondante. Cela vous permettra d’appliquer plus tard de très fines couches d’huile,permettant d’obtenir des ombres douces, sans lignes de transition.
Laissez sécher cette seconde couche au moins deux heures avant d’engager la dernière étape de la peinture.

(NdT : la technique des couches colorées se défend mais n’est pas retenue par tous les peindre : pour les peintres adeptes de glacis presque transparents ou de peinture très légère, la sous-couche reste blanche, et forcément très dense et parfaitement matte).