Walter Fisher
Introduction

La précision comme exigence morale : la qualité ne doit jamais être sacrifiée à la quantité.[...]

1- De quels outils et accessoires avez-vous besoin ?

Si vous peignez des rondes-bosses, vous avez probablement chez vous la plupart des fournitures dont vous avez besoin. L’objet qui doit être l’objet de plus d’attention dans son choix comme dans son entretien est le pinceau. Vos autres outils doivent être choisis avec le même soin. [...]

2- Préparer la figurine pour la peinture

Deux passages pour des sous-couches colorées : une méthode qui peut avoir ses avantages (après tout, Vermeer peignait de cette façon !).[...]

3- Peindre à l’huile

Walter Fisher nous présente sa méthode de façon très pratique et détaillée : vitesse d'exécution, consistance des peintures, mélanges et transitions...[...]

4- Peindre les visages

Plusieurs niveaux de peinture sont possibles pour les visages. L'essentiel est de garder la cohérence des choix... et d'éviter les regards hallucinés ! [...]

5- Couleurs de base pour la peau

Quelques règles de base selon les types de peau. Et surtout de la mesure dans les teintes et les contrastes.[...]

6- Peindre le métal

Il peut paraître difficile de peindre une surface métallique convaincante. Walter Fisher nous expose trois méthodes. Les deux premières ne sont pas dans l'air du temps et le conseil final promet de belles réalisations : observer toujours et apprendre encore. [...]

7- Peindre les petits détails

Pour finir, les détails. La méthode est sommaire mais marque bien l'intention. On pourra aisément la faire évoluer. [...]

Les sources techniques

Plat d'étain Mike Taylor
Les sources techniques spécifiques aux plats sont relativement peu nombreuses :

  • L'incontournable livre du regretté Mike Taylor, très complet (en anglais, dont je propose une traduction dans les ateliers),
  • Les revues spécialisées, et notamment le n°67 du magazine Figurine qui présente le plus long article dont j'ai connaissance (peinture de Gianfranco Speranza, "Bonaparte aux pyramides"). Non seulement il est intéressant pour ce qui concerne les recherches bibliographiques préalables et quelques techniques de peinture ; mais les photos sont surtout extrêmement motivantes car elles montrent le niveau de détail et de qualité qu'il est possible d'atteindre ; si lui l'a fait, pourquoi viserions-nous une cible inférieure ? Magique. Et dans un style pourtant qui lui est propre : comme quoi l’académisme un peu forcé des plats n’exclut pas le style.
  • Je ne connais que deux sites internet tenus à jour, tous deux en anglais ; j'en recommande la visite (voir la rubrique "Liens"). Et j'ajouterai bien volontiers ceux dont vous voudrez bien me signaler l'intérêt.
  • De nombreux ouvrages d'art graphique traitant du trompe l’œil, par exemple chez Dessain et Tolra, peuvent également être utiles. L’observation de toutes les œuvres en « grisaille » (peinture monochrome en trompe l’œil) est extrêmement formatrice ; mes premiers maîtres en peinture faisaient d’ailleurs réaliser des exercices dans ce style, avant même d’attaquer la moindre figurine.
  • L'observation attentive des plats en expos/concours est la meilleure source d'inspiration. Tout ce que je peux vous souhaiter, c’est de voir un jour un vrai Mike Taylor : la lumière semble littéralement en irradier. Bien sûr cela n’enlève rien aux autres grands : Serges Franzoïa et sa technique parfaite ; Catherine Poisson dont la perfection a quelque chose de calligraphique (un peu kitsch parfois, mais c’est tellement parfait !), Speranza, le plus expressif peut-être et en cela le plus moderne ...
    Il est souvent difficile d'en garder des photos qui pourraient pourtant nous être bien utiles (éclairage souvent insuffisant, reflets divers, difficultés à poser son appareil ...) ; j'essaierai (rubrique Gallerie, retour d'exposition) de mettre en ligne les meilleures photos que j'aurai pu réaliser.
  • Les tableaux figuratifs, de toutes les époques, sont également riches d'enseignements ? Les peintres des 18ième et 19ième siècles notamment sont tous à observer dans leur maîtrise des plissés, des rendus de matière ou de l'ombrage, y compris zénithal, qu'ils avaient découverts bien avant nous. Sans doute faut-il en développer une analyse systématique :
    - les plis de tissus, tombants ou contraints par les postures,
    - les visages,
    - le métal, toujours traité en « MNM » (metal no metal) ; on y observera notamment la maîtrise des contrastes violents qui imposent les reflets et la touche finale, indispensable, des rehauts blancs, qui donnent vie à l’ensemble.
    - plus généralement, tout ce qui contribue à donner de la profondeur à la composition et notamment les contrastes, les ombres portées, ou la lumière qui tourne sur les formes, la ligne claire qui vient souligner l’arrière des parties ombrées et qui en rehausse le volume ...
De façon générale, il ne faut avoir aucun complexe à se référer à des modèles : seuls de grands dessinateurs, qui ont acumulé une énorme expérience, peuvent dessiner de tête. L'atelier "visage" aborde ce point : nous avons le plus souvent besoin de modèles pour exprimer toute la complexité et l'exactitude de ce que nous cherchons à représenter.

Quoiqu’il en soit, si ces sources sont indispensables pour progresser, elles ne remplacent pas une parfaite compréhension de chaque figurine dont nous engageons la peinture. Bien peindre un plat, c’est bien le comprendre, pour parfaitement le faire comprendre.

De la peinture en général et celle des plats en particulier

Notre part de création se réduit à la peinture. Il ne sera que cela :
- si l’on recopie les plats déjà peints par d’autres,
- pour les plats inspirés de tableaux : quelqu’un a fait du tableau original une sorte de bas-relief en miniature sur lequel il s’agirait de recopier le tableau original. Gentil délire : la Joconde en plat, ça peut être un joli produit dérivé, mais il faut assumer ...
Cela n’est pas totalement sans intérêt : les plus grands peintres ont fait leurs gammes en copiant d’abord les maîtres. Et cela n’enlève rien à la qualité technique du travail. Mais cela ne doit avoir qu’un temps. Les peintres de tableau le savent bien : l’œil humain est impitoyable pour détecter qu'il s'agit d'une copie : la reproduction parait plate, sans saveur ; si l'on essaye de comprendre pourquoi, on finit par voir des détails infimes qui trahissent la copie (une forme pas tout à fait exacte, un aplomb bancal, des ombres approximatives, un regard incertain, des reflets incohérents ...).
Apprendre d'un tableau, c'est comprendre le chemin qu'a fait l'artiste pour interpréter le réel ; et le mieux, c'est de recréer sa propre interprétation. Au-delà de l'apprentissage élémentaire, je déconseille donc de peindre d'après copie "2D".
A cette condition, la peinture de plats devient un art d’interprétation, tout comme un musicien interprète une partition, et un tireur photo interprète un négatif (ou un fichier numérique) : chacun y met une part irréductible de lui-même. Certaines peuvent plairent plus que d'autres, y compris selon des phénomènes de mode (nous nous garderons de les confondre avec une quelconque échelle absolue, qui n'existe que dans l'esprit éphémère de quelque juge autoproclamé), mais toutes ont leur valeur.
C'est cela qui me semble donner son sens à cette catégorie de figurine et c'est là que je puise personnellement l'énergie de me dépasser à chaque pièce.